Escape Game : Où de l'importance de la fonction accueil dans le service d'hébergement temporaire
- Marianne Abramovici
- 3 nov.
- 3 min de lecture

Le transit de la gare principale de Milan jusqu'au quartier résidentiel où se situe l'appartement réservé, il y a 15 jours, via Booking se déroule sans accrocs.
Je me fais la réflexion que la nuit tombe vite en ce tout début de soirée. Peu de trafic routier en ce dernier jour du week-end de la Toussaint, la rue est humide.
Le taxi nous dépose dans une allée parallèle juste devant l'immeuble cossu. Dernière étape avant de nous poser, comprendre comment accéder à notre appartement. Une lueur verte rétro-éclaire les différentes adresses reliées à l'interphone. Un rapide examen ne nous permet pas d'identifier quel bouton nous permettra d'ouvrir le portail en fer forgé qui nous sépare de la cour intérieure.
Dans la pénombre, sous une pluie fine, je consulte les consignes reçues à la fois via Booking et par un mail directement envoyé par le propriétaire. Les consignes du site, rassurante, me parle d'un accueil dans le créneau horaire que j'ai indiqué "au moins 24 heures à l'avance". Sauf que je n'ai fait mon "check in" qu'il y a deux heures, dans le train allant de Rome à Milan.
Le mail reçu suite au dit check in est plus équivoque et ne contient qu'une liste de consigne....applicable une fois dans l'accueil et les clés récupérées.
A ce moment, trois voyageurs sortent de l'immeuble, nous donnant accès à la cour. Quelques marches larges nous permettent d'accéder à l'entrée de l'immeuble. Juste derrière nous, un jeune homme muni d'un trousseau de clé nous demande gentiment si nous avons besoin d'aide avec nos valises. Une fois dans l'entrée, il s'enquière de l'appartement où nous nous rendons. Nous lui tendons avec espoir le résumé de notre réservation. Hélas, il ne travaille pas pour ce propriétaire.
Pendant que la personne qui m'accompagne regarde une dernière fois l'ensemble des consignes, je m'assois sur les marches. Résignée. Je m'étais doutée en procédant aux multiples étapes du check in que l'étape obligatoire de vérification de l'identité et de règlement de la taxe séjour s'était faite à distance, dans le train. J'avais même du prendre un selfie avec ma carte d'identité pour accéder à la confirmation que mon check in était finalisé.
En procédant à l'interminable procédure, depuis mon smartphone et en espérant que le wifi du train permettrait d'aller jusqu'au bout, je m'étais inquiétée de ce que mes données personnelles deviendraient. Le site était certes bien fait mais j'ignorais de qui il dépendait et je n'avais pas les moyens ou le temps de vérifier que je ne transmettais pas imprudemment toutes mes données à un tiers malveillant.
Amélie, pas mieux avancé que moi, prend la décision de téléphoner au propriétaire et sort pour suivre les consignes qu'il lui donne, dans un anglais approximatif. Je reste, un peu absente, toujours assise sur les marches,contente de pouvoir reposer mes jambes après la fatigue du trajet. Je la vois soudain revenir vers (je me lève pour lui ouvrir la porte d'entrée) et me demander : "tu n'as pas reçu un message par Wattsapp ?
Ah, Wattsapp, cette application que je maudit et que je n'ai installée qu'il y a une semaine pour faciliter la coordination avec mes collègues du BIP Européens. Je vérifie. Oui, j'ai reçu l'image ci-dessus et une indication que notre trousseau se trouve dans la boite à clé située au premier plan....en face de la résidence où nous logeons.
Amélie sort de nouveau, toujours au téléphone, pour trouver la clé. Elle qui est fan de Fort Boyard, j'imagine qu'elle a l'impression de communiquer avec le cousin italien du Père Fouras. Moi, j'attends dans le hall, me demandant à quelle moment il était devenu normal d'employer une application sans jamais prévenir que les informations parviendraient par ce biais ?
Dix minutes s'écoulent. Amélie revient avec les clés. Après encore une frayeur à ne pas comprendre comment les utiliser (mais davantage liée au stress accumulé), l'histoire se termine bien....35 minutes, quand même, après que le taxi nous ait déposé.
Sauf que si j'avais voyagé seule, je n'aurais jamais pu accéder à cette maudite boite à clé, qui exige que l'on s'accroupisse pour l'atteindre...








Commentaires